Tokyo Revengers - Tome 02
Revenir dans son époque, et ne plus la reconnaître
Le plus dangereux, dans cette histoire, n'est pas de tomber douze ans en arrière. C'est de revenir. Takemichi a fait ce qu'il pouvait de l'autre côté : approcher la bande qui a coûté la vie à son ex-petite amie, se rendre assez utile pour que celui qui la dirige le remarque, gagner quelques centimètres de terrain. Son présent, lui, n'a pas attendu son autorisation pour se réécrire.
Le prix d'un aller-retour
Il regagne son époque et découvre qu'un visage familier n'y occupe plus la même place : son meilleur ami est devenu un cadre de l'organisation criminelle qu'il essayait justement de désarmer. Rien n'a été annulé. Quelque chose a simplement été déplacé, et le déplacement a produit un homme que Takemichi n'aurait pas su reconnaître dans la cour de son école.
Le vertige du volume vient de là. Ce n'est pas une punition, ce n'est pas non plus une trahison : c'est une conséquence, froide, presque logique, dont personne n'aurait pu tracer la ligne à l'avance. Un mot glissé à un adolescent devient une carrière douze ans plus loin, et la carrière est du mauvais côté.
La règle du jeu se précise
Ce deuxième volume pose la mécanique qui fera tenir toute la série : on n'agit pas sur un événement isolé, on agit sur douze années de conséquences, et personne ne maîtrise la chaîne complète. Le Tokyo Manjikai cesse d'être une menace anonyme pour devenir un groupe avec des grades, des rancunes et des trajectoires individuelles. La question change de forme au passage. Elle n'est plus « peut-il sauver quelqu'un » mais « qui prendra la place laissée vide ».
Des délinquants, pas des criminels de fiction
Ce qui distingue Tokyo Revengers d'un récit de mafia, c'est l'âge de ses acteurs. Les décisions qui engagent des vies entières sont prises par des garçons encore scolarisés, sur des motifs d'adolescents : une humiliation, une loyauté, un regard de travers dans une rue mal éclairée. Le récit ne les excuse pas et ne les condamne pas non plus ; il montre simplement comment une camaraderie se transforme en organisation, puis en machine. Ce tome est le premier à laisser voir cette pente, et il la laisse voir des deux côtés du temps.
Glénat, 19 juin 2019. Shonen à partir de 14 ans, action, drame, romance et vie scolaire. Deuxième volume de la série de Wakui Ken.
Le tome 3 est disponible. Il ne rassure personne.
- Edition : Française
- Editeur : Glénat
- Auteur : Wakui Ken
- Date de parution : 19/06/19
- Pour public averti : 14 ans et +
- Type : Shonen
- Genres : Action - Drame - Romance - School Life
- Thèmes : Adolescence - Amour - Combats - Délinquance - Ecole - Mort - Vengeance - Voyage temporel

