Exc∞d Creative
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Exc∞d Creative : la gamme prize de FuRyu qui a écrit le dépassement dans son propre nom
Vingt-trois centimètres. C’est la mesure du Chainsaw Man de février 2024, et c’est le plus grand format relevé sur les fiches officielles de la gamme. Maintenant, replacez l’objet là où il doit se trouver : dans le caisson vitré d’une machine à pince, calé contre ses voisins, sous une griffe métallique. Une pièce de cette taille arrive dans une boîte qu’on ne rate pas.
Cette contrainte-là, FuRyu ne l’a pas subie : elle est allée la chercher. Exc∞d Creative est la ligne avec laquelle le fabricant a décidé de pousser le volume, et il l’a inscrit dans le nom.
Le nom, le symbole, et ce que le fabricant met derrière
On prononce « Exceed », mais l’éditeur ne l’écrit jamais ainsi. Ses pages japonaises portent Exc∞d Creative Figure, avec un symbole d’infini à la place des deux lettres du milieu, et c’est cette graphie que la boutique a gardée : ce signe n’a rien d’une fantaisie de typographe, il contient une déclaration d’intention.
Et cette déclaration, il se donne la peine de la décomposer. « Exc∞d » dit le fait de sortir du cadre de la prize. « Creative » désigne le modelage, ce que la marque qualifie de joli et de beau dans la forme du produit. La définition officielle, reprise mot pour mot par le compte d’annonces maison, présente une série de figurines de haute marque propre à l’éditeur, bâtie sur un principe tenu depuis le premier jour : un dessin et un volume généreux, qui débordent du format.
Trois engagements, pas un de plus : davantage d’ampleur qu’auparavant, un modelage travaillé jusque dans le détail, une peinture de même exigence. Le reste n’est pas promis.
« Prize » : la discipline que cette gamme s’emploie à contredire
Il faut s’arrêter sur le mot, parce que c’est lui qui rend l’affaire intéressante. Une prize, c’est un lot de machine à prise : un objet conçu pour être gagné dans une salle d’arcade, pas acheté en rayon. Au Japon, il n’a pas de tarif ; il a une semaine de mise en jeu. Les fiches officielles n’affichent pas une date de sortie mais une mention du type « quatrième semaine de juin 2026 », accompagnée d’un moteur de recherche des salles qui la proposeront et d’un accès aux grues en ligne, ces machines que l’on pilote à distance depuis chez soi.
Les exploitants relaient ensuite. Taito a inscrit la première Hatsune Miku de la ligne dans ses arrivages à partir du 27 décembre 2022, le Tanjiro à partir du 28 septembre 2023, l’Anya à partir du 7 octobre 2023 — chaque fois avec le même mot, « progressivement » : toutes les salles ne sont pas servies le même jour.
Or ce circuit impose normalement une certaine retenue. Puisque l’objet ne se vend pas, personne ne peut le situer par son prix, et la tentation est forte de calibrer au plus juste : une taille sage, un socle symbolique, une pose économe. C’est exactement ce qu’Exc∞d Creative refuse, et c’est tout son propos. La presse hobby japonaise l’a formulé en reprenant les termes de la marque au moment de l’Anya d’octobre 2023 : une finition de haute qualité qui dépasse le cadre du lot d’arcade.
Une précision, parce que le doute vient toujours avec ce mot : « prize » ne signifie pas officieux. Ces pièces sont fabriquées sous licence, annoncées sur le site officiel des lots de l’éditeur et référencées par les grandes enseignes de salles. Ce qui change, c’est le chemin par lequel l’objet arrive entre vos mains — pas ce qu’il est.
Une hauteur, un socle, et deux lignes sur la fiche
La gamme ne publie jamais d’échelle, mais une mesure, et le plus souvent en deux temps : le corps d’un côté, le piédestal de l’autre. Le relevé donne une idée nette du gabarit :
- environ 20 cm pour la toute première pièce, la Hatsune Miku « parfait au matcha » de fin 2022, et de nouveau 20 cm de corps plus 1 cm de base pour le Kuroro « Requiem » de janvier 2025 comme pour l’Hisoka de juin 2026 ;
- environ 21 à 22 cm pour la Makima de juillet 2024, son demi-centimètre de support compris, et pour Rem et Ram en robe-cage de décembre 2024 ;
- 23 cm au sommet, avec le Chainsaw Man évoqué en ouverture ;
- et nettement moins quand le personnage l’exige : 16 cm pour Tanjiro, 13 cm pour l’une des trois Anya — laquelle récupère en échange 3 cm sous les pieds.
Cette dernière ligne est la plus parlante. Trois centimètres sous une figurine qui en fait treize, ce n’est plus un élément de calage : c’est près d’un quart de l’ensemble, un morceau de mise en scène. Ce qui porte la pièce fait partie de la pièce.
Ce que ces centimètres changent une fois l’objet posé
Sur une étagère, la différence est immédiate. Une figurine qui approche la vingtaine de centimètres ne se glisse pas dans un rang : elle l’organise. Elle réclame du dégagement au-dessus d’elle, un fond qui ne parasite pas sa silhouette, et une place de bout de rangée ou d’axe central, là où son gabarit sert.
Savoir à l’avance ce que prend le support évite d’ailleurs la mauvaise surprise au déballage : c’est une information qu’on aimerait voir partout, et qu’il faut créditer ici.
Le revers est assumé. Miser sur l’ampleur produit des objets qui ne se rangent pas discrètement.
Ce qu’Exc∞d Creative a mis en volume depuis décembre 2022
La chronologie officielle s’ouvre en décembre 2022 avec Hatsune Miku, restée depuis le personnage le plus servi : elle inaugure avec un parfait au matcha, puis revient régulièrement dans une suite de tenues gourmandes. Sur les pièces tirées d’une illustration, l’éditeur crédite l’artiste d’origine — deux fiches Miku portent ainsi le nom de leur illustrateur, et c’est l’unique forme de crédit nominatif que la ligne publie.
Rem et Ram, de Re:Zero, suivent en janvier et février 2023, avant de revenir en décembre 2024 dans une robe dite « cage à oiseaux ». Demon Slayer entre en septembre 2023 avec Tanjiro. Anya Forger, de Spy x Family, occupe trois références d’affilée entre octobre 2023 et janvier 2024 — aucune autre série n’a tenu ce rythme. Chainsaw Man remplit 2024 à deux reprises, avec le personnage-titre en février puis Makima en juillet. Et Hunter x Hunter ouvre 2025 avec Kuroro Lucifer, avant d’y ramener Hisoka un an et demi plus tard.
Aucun registre ne domine : une chanteuse virtuelle, deux jumelles de fantasy, un sabreur, une enfant espionne, un antihéros à tronçonneuse, deux membres d’une troupe de brigands. Le fil n’est pas le genre, c’est l’aptitude — chacun de ces personnages supporte d’être agrandi. Le critère est plus sélectif qu’il n’en a l’air : tout le monde ne gagne pas à prendre de la place.
Ce que l’éditeur ne dit pas
Il y a des zones d’ombre, et mieux vaut les énoncer que les habiller. Les fiches ne comportent aucun champ matière : ni plastique annoncé, ni détail d’assemblage. Elles ne donnent aucun rapport d’échelle — toujours des centimètres, jamais un ratio, si bien que le « autour de vingt » employé plus haut est un relevé de fiches et non un gabarit officiel. Aucun sculpteur, aucun atelier de modelage n’est nommé ; les seuls crédits publiés concernent l’illustration d’origine.
Aucun communiqué officiel ne date par ailleurs la création de la ligne. Décembre 2022 est la première entrée de la liste maison, corroborée par un exploitant de salles et par la presse spécialisée, et c’est tout ce qu’on peut affirmer. Quant au total des références, il est impossible à arrêter : l’ancienne page de marque, archivée début 2025, en comptait vingt et une, et la production a continué depuis. La gamme a même changé d’adresse, l’ancien portail ayant été remplacé par le site des lots du fabricant.
Le parti pris, et à qui il ne convient pas
Autant le dire simplement : Exc∞d Creative a choisi son camp. Elle ne cherche ni la discrétion, ni l’homogénéité de vitrine, ni le format qui se case partout. Elle cherche la présence, et elle en accepte les conséquences.
Si votre collection repose sur des alignements réguliers et des tailles comparables, une pièce venue d’ici va la déséquilibrer — et ce n’est pas un défaut de fabrication, c’est le programme, annoncé noir sur blanc par un nom qui porte un symbole d’infini. Vous la placerez seule, ou vous réorganiserez autour.
Si en revanche vous cherchez celle qu’on installe en premier, celle autour de laquelle le reste vient se ranger, c’est précisément l’objet que l’éditeur a voulu fabriquer — et celle-là, on ne l’oublie pas en chemin.